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C'est pas mon idée !

vendredi 11 août 2023

ANZ attaque la fraude par ses mules

Parce que la progression constante des arnaques bancaires combinée aux imprudences incontrôlables des consommateurs impose de diversifier les méthodes de protection, l'australo-néo-zélandaise ANZ déploiera bientôt une solution de détection des comptes dits de mules, utilisés par les escrocs pour collecter le fruit de leurs malversations.

L'idée de base est plutôt triviale : quand il devient impossible de détecter les incidents eux-mêmes ou, du moins, quand certains d'entre eux passent entre les mailles du filet, l'identification et la fermeture des chemins empruntés par l'argent détourné constitue une deuxième barrière à opposer aux malfrats. En l'occurrence, le recours, fréquent dans le milieu, à des personnes recrutées spécifiquement dans le but de servir d'intermédiaire aux mouvements délictueux – les fameuses mules – tend à faciliter cette tâche.

Forte de cette conviction, ANZ a donc entraîné un module d'apprentissage automatique à la reconnaissance de ces indélicats, complices parfois involontaires, par naïveté, des criminels. Une première mise en œuvre expérimentale en avril dernier, en complément de ses outils existants de sécurité comportementale, a permis de repérer quelques 1 400 comptes hautement suspects, avec un niveau de qualité suffisamment satisfaisant pour justifier la généralisation du dispositif en septembre, à peine cinq mois plus tard.

Stay Scam Safe with ANZ

À ce stade, il faut préciser que l'intelligence artificielle n'est ici employée que comme un outil d'assistance et qu'aucune action n'est engagée sans supervision humaine. Les résultats des analyses de données sont en effet transmis à une équipe dédiée au dépistage des mules, au sein du département de « protection des clients » de la banque (comptant 440 personnes, au total !), qui se charge des suites à leur donner, depuis la confirmation des cas signalés jusqu'à la prise des mesures défensives nécessaires.

Dans ce dernier registre, il ne s'agit pas seulement de bloquer les agissements frauduleux et ainsi frustrer les malfaiteurs de leur butin. La banque exploite également (avec le concours des autorités ? aucune précision n'est fournie en la matière) les informations dont elle dispose afin de remonter les filières, d'en explorer les interdépendances, et, de la sorte, perturber plus profondément et durablement les réseaux d'escroquerie.

Avec sa professionnalisation, la criminalité qui s'organise autour des opportunités de la banque « digitale » gagne en sophistication et exige donc un alignement correspondant de la riposte. La diversité des techniques utilisées pour ce faire et des cibles qu'elles visent représente un des principaux facteurs d'une couverture efficace. Selon cette logique, la contre-attaque que mène ANZ sur les circuits de transit de l'argent sale ajoute une composante utile à son arsenal, qui devrait inspirer l'ensemble de l'industrie.

jeudi 10 août 2023

SumUp accélère sur le crédit

SumUp
L'idée est d'abord née sur les grandes plates-formes de vente en ligne, Amazon en tête, voici qu'elle débarque désormais chez un fournisseur de solution d'encaissement : SumUp capitalise sur la connaissance des flux de ses clients, à peine moins complète que celle du e-commerce, afin de leur proposer une avance de trésorerie à la demande.

Déployée dans un premier temps au Royaume-Uni – avant une extension prochaine à d'autres pays européens – grâce à un financement récemment conclu à hauteur de 100 millions de dollars, la nouvelle offre SumUp Cash Advance reprend quelques-unes des meilleures recettes de ses prédécesseurs pour procurer aux artisans et aux marchands une facilité de caisse, d'un maximum de 20 000 livres sterling, qui les aidera à affronter une difficulté passagère ou à investir dans leur croissance, par exemple.

Comme il se doit à l'ère « digitale », l'accès au produit est simple, transparent et (en grande partie) instantané. Les utilisateurs sont automatiquement qualifiés à partir des données disponibles sur les transactions qu'ils exécutent avec les terminaux de la jeune pousse. Une option supplémentaire apparaît alors dans l'application mobile de gestion de leur compte pour ceux qui sont éligibles. Il leur suffit de vérifier les conditions puis spécifier le montant désiré, dans la limite du plafond personnalisé, et le tour est joué.

Petit bémol ici, les fonds sont versés par virement conventionnel, avec leurs délais usuels (jusqu'à 5 jours). Pour le remboursement, la flexibilité est à l'ordre du jour : au lieu de mensualités fixes, SumUp prélève chaque mois un pourcentage des encaissements qu'elle traite, estimé initialement pour un apurement sur une période prédéterminée, de manière à ajuster la charge aux revenus réels de l'emprunteur. Par ailleurs, le coût se résume à une redevance fixe, affichée clairement à la conclusion du contrat.

SumUp Cash Advance

Je ne suis pas nécessairement convaincu que la conjoncture actuelle soit propice au lancement d'une solution de crédit mais la démarche est tout de même logique de la part de SumUp. Elle représente en effet un excellent moyen de valoriser, utilement et sans risque de polémique (sur l'éthique, notamment), les vastes quantités d'information qu'elle capte et accumule sur ses clients, à travers son métier historique, et d'en dériver un modèle économique secondaire, forcément prometteur à long terme.

Les institutions financières historiques ne s'inquièteront probablement pas de l'arrivée de ce trublion sur leur terrain de jeu, avec ses capacités de financement pour l'instant microscopiques au regard du marché global. Outre la possibilité d'une expansion rapide, il leur faudrait pourtant prendre garde à l'impact de l'approche sur les habitudes et les attentes de leurs clients… et je me demande s'il existe une banque traditionnelle, disposant naturellement des mêmes sources de données que SumUp, qui propose aujourd'hui un service équivalent avec une expérience utilisateur de même niveau ?

mercredi 9 août 2023

Zirtue assure les prêts entre proches

Zirtue
Depuis mon précédent billet à propos de Zirtue et de sa solution de prêts entre proches, son approche a sensiblement évolué. Son ajout récent d'une assurance contre l'invalidité et la perte d'emploi me procure l'occasion de découvrir comment elle parvient progressivement à développer un produit à vocation sociale attractif et (peut-être) viable.

Le premier changement que je remarque est la disparition de toute référence au prélèvement d'une commission (à hauteur de 5% des opérations conclues) qui me gênait lors de ma première revue. Il semblerait malheureusement que la possibilité de fixer un taux d'intérêt volontaire sur les remboursements, que j'estimais astucieuse, ait également été emportée dans cette révision. Désormais, la simplicité prime et les prêts réalisés par l'intermédiaire de la plate-forme sont totalement exemptés de frais : 100 dollars empruntés correspondent à 100 dollars à restituer au fil des échéances convenues.

Naturellement, l'abandon d'une source de revenus directe implique qu'une autre option économique soit mise en place. Sans grande surprise, tellement il s'agit aujourd'hui de la voie quasi universelle dans la FinTech, c'est un modèle « B2B » qui est apparemment retenu… et celui-ci s'avère original. Zirtue propose ainsi son service aux facturiers (opérateurs de télécommunication, fournisseurs d'énergie…), sous la forme d'une modalité de règlement supplémentaire à mettre à la disposition de leurs clients.

En cas de difficulté passagère, la personne qui risque une interruption de son contrat peut alors choisir de faire appel à un parent ou un ami pour acquitter son dû, selon le régime habituel de la jeune pousse, avec calendrier de remboursement prédéterminé et versement automatique des mensualités depuis le compte bancaire enregistré à l'inscription, notamment. Pour plus de sécurité (du point de vue de l'entreprise partenaire), les fonds avancés sont automatiquement affectés au paiement de la facture.

Zirtue x TruStage

Dans un autre registre, Zirtue introduit donc maintenant une garantie exclusive, gratuite, concoctée avec TruStage, une mutuelle d'assurance qui tire ses origines du mouvement des « credit unions » américaines. Parce qu'il serait regrettable que les emprunteurs se fâchent avec leurs proches ou leur causent des difficultés financières en raison d'un accident de la vie, elle prend en charge, en toute transparence, leurs engagements sur la plate-forme (sous réserve d'éligibilité) en cas d'invalidité ou de perte d'emploi.

D'un côté, la promesse de valeur renforcée pour les utilisateurs, particulièrement bienvenue dans une période difficile pour le portefeuille des consommateurs (bien que le chômage ne soit pas un enjeu majeur à l'heure actuelle), constitue un nouveau facteur d'adoption, susceptible de faire pencher la balance par rapport aux petites transactions informelles que Zirtue veut remplacer. De l'autre côté, l'offre aux entreprises qui désirent à la fois résorber une partie de leurs impayés (et leurs coûts de traitement) et éviter à leurs clients de devoir recourir à des crédits prédateurs revêt les atours d'un effort de responsabilité sociale qui s'inscrit dans l'air du temps. La recette est séduisante.

mardi 8 août 2023

Greenlight éduque les ados à la carte de crédit

Greenlight
Après l'investissement, le spécialiste de la banque pour les enfants et adolescents Greenlight poursuit inlassablement sa mission éducative et ajoute donc désormais à son catalogue une carte de crédit familiale, destinée à combler, toujours avec les mêmes recettes, une autre lacune financière habituelle, critique pour les futurs adultes américains.

Parce qu'il n'est pas question de mettre directement entre les mains d'un mineur un instrument potentiellement dangereux (et réglementé), le principe consiste cette fois à proposer aux parents de souscrire une carte de crédit, dont ils peuvent ensuite partager l'utilisation avec leur progéniture. Les mécanismes de protection classiques sont bien sûr disponibles et activables à la demande : instauration d'un plafond mensuel de dépenses, réception d'une alerte sur chaque transaction, accès au suivi budgétaire…

De leur côté, les ados se retrouvent aux commandes de leur propre compte, qu'ils doivent apprendre à gérer comme s'il s'agissait d'une carte de crédit à leur nom. L'application mobile qui leur est fournie leur permet de surveiller leur encours et, surtout, d'appréhender l'exigence du remboursement en fin de mois afin d'éviter le paiement d'intérêts supplémentaires. Les outils ludiques intégrés destinés à leur inculquer ces principes essentiels prennent de la sorte une dimension concrète propice à leur assimilation.

Cerise sur le gâteau, tous les achats du foyer sont éligibles au programme de récompense (« cashback ») qui accompagne traditionnellement cette catégorie de produit. Jusqu'à 3% de leur montant total (dans le cas où il excède le seuil de 4 000 dollars par cycle de facturation) sont ainsi directement restitués et peuvent contribuer, au choix, à alimenter une réserve d'épargne pour un projet d'avenir, à rembourser la dette de la carte elle-même, à s'offrir un petit plaisir… égoïstement ou partagé avec l'enfant.

Greenlight Credit Card

Cependant, l'aspect le plus important de l'initiative est probablement la transmission aux agences de notation des informations collectées sur les pratiques du jeune avec son compte (encore une fois, exactement comme s'il était autonome), pour la constitution et la consolidation progressive de son score de crédit (dont il peut également consulter l'évolution dans son application). L'avantage, considérable, est de lui procurer l'opportunité exclusive de démarrer dans la vie, dès son atteinte de la majorité, avec une réputation établie, qui lui ouvrira immédiatement la porte à des conditions préférentielles pour ses premiers emprunts (pour l'acquisition d'une voiture, d'une résidence…).

C'est que, outre l'impératif d'enseigner les notions élémentaires des finances personnelles aux nouveaux citoyens, que, de nos jours, personne ne semble plus en mesure de prendre en charge, la conquête d'un score de crédit solide doit se préparer au plus tôt dans la vie, sous peine d'exclusion susceptible de perdurer dans un cercle vicieux. En attendant que le vieux système en vigueur aux États-Unis (et dans d'autres pays) soit définitivement réformé, l'approche déployée par Greenlight servira à mieux en profiter.

lundi 7 août 2023

En attendant la banque qui simplifiera les taxes

CIMB
Un article lu trop rapidement et j'ai soudain cru que cette idée qui me trotte dans la tête depuis des années avait enfin été implémentée par CIMB, établissement malaysien. Hélas, il n'est, en l'occurrence, question que de permettre aux entreprises de régler leurs impôts via un système classique de paiement de facture intégré à ses services en ligne.

Tant pis ! Je remets ma proposition sur la table, en espérant que quelqu'un finisse par s'en emparer concrètement et devienne de la sorte un héros pour les millions de petites structures qui aimeraient tant être soulagées de tâches administratives improductives. Bien sûr, de nombreuses banques dédiées aux PME, surtout parmi celles qui ont émergé ces dernières années, ont enrichi leurs offres d'outils pour les aider, notamment en matière de comptabilité, de facturation… Mais il reste des lacunes à combler.

Celle à laquelle je pense concerne donc les taxes, qui figurent probablement au sommet du palmarès des corvées universellement exécrées. Dans certains cas, par exemple pour les formes juridiques de société les plus simples (l'entreprise individuelle, en France), les solutions de gestion mises en œuvre par les institutions financières préparent automatiquement les données requises pour les déclarations ou, à tout le moins, leurs plates-formes comptables disposent de toutes les informations nécessaires.

Pourquoi donc l'étape suivante, qui me semble pourtant évidente, n'est-elle jamais développée ? Serait-il si difficile, à partir de ces sources existantes, de la connaissance des caractéristiques de l'entreprise et du calendrier officiel des démarches, de pré-remplir les formulaires des services fiscaux (pour la TVA, l'impôt sur les sociétés…) – en laissant éventuellement à l'utilisateur la possibilité de les compléter quand des circonstances particulières l'exigent – puis de générer le paiement correspondant ?

L'absence d'accès programmatique (par API) à la plupart des fonctions impliquées constitue vraisemblablement un obstacle important, quoique d'autres contextes, tels que les agrégateurs de comptes, ont montré qu'il pouvait être contourné. Les grands groupes qui souhaiteraient tenter l'aventure ont toutefois un poids suffisant pour faire évoluer la situation, d'autant plus s'ils font valoir auprès des autorités que l'approche envisagée représente un sérieux gage de ponctualité et de fiabilité des opérations fiscales.

Puisqu'il semblerait que l'ouverture à des capacités extra-financières (« beyond banking ») soit dans l'air du temps, que la séduction des TPE et PME soit devenue prioritaire… et que les offres en la matière soient désormais plus ou moins identiques d'une enseigne à l'autre, l'assistance à la gestion des impôts devrait s'imposer comme une piste à explorer pour une banque désireuse de se démarquer de la concurrence, qui plus est en plaçant les préoccupations de ses clients au centre de son attention.

CIMB in Kuala Lumpur

dimanche 6 août 2023

CommBank éduque les PME à la cybersécurité

CommBank
En réponse à la progression constante des cyber-menaces, trois organismes australiens, CommBank, l'opérateur de télécommunications Telstra et une agence publique spécialisée, ont mis en place un programme éducatif à l'intention des PME, qui en sont les victimes les plus fréquentes et souffrent souvent des impacts les plus importants.

L'initiative est mise en lumière à l'occasion d'une cérémonie célébrant la fin du cursus pour une première brigade de « cyber-gardiens ». Ces derniers sont des collaborateurs ordinaires de petites entreprises, auxquels est dispensée une formation générale sur les dangers qu'ils sont susceptibles de rencontrer dans leur environnement professionnel et les pratiques à adopter afin de protéger leur structure. En raison de sa cible, elle présente la particularité d'être ajustée pour une audience démunie de bagage technique.

Composé principalement de modules d'apprentissage interactif en ligne, le dispositif pédagogique se conclut par une session en « présentiel », à l'issue de laquelle les étudiants possèdent les notions requises (validées) pour réaliser des inspections et des audits de sécurité dans leur organisation, mettre en place les règles d'hygiène numérique de base et signaler les risques qu'ils détectent. Tout au long de leur parcours, des outils leur sont fournis gratuitement pour les aider à mener à bien ces différentes missions.

La démarche comble un vide béant, alors que les PME deviennent rapidement les cibles privilégiées des criminels, parce que leurs défenses sont généralement moins sophistiquées que celles des grands groupes, faute de moyens et de compétences internes. Elles sont aussi les plus fragiles face aux attaques, dont le coût unitaire serait, en moyenne, de l'ordre de 50 000 dollars et qui peuvent signer leur arrêt de mort. Le préjudice pour l'économie australienne est estimé à 29 milliards de dollars par an.

CommBank – Cyber Wardens

L'absence d'expertise de cybersécurité dans les petites entreprises n'est pas la seule motivation de la mise au point d'un programme pour néophytes. En effet, la majorité des incidents qui surviennent trouvent leur origine dans une défaillance d'un employé (la plupart du temps involontaire). Les principales leçons à transmettre relèvent donc de la prise de conscience et de l'évolution des comportements et les recommandations en la matière sont évidemment bien mieux acceptées quand elles émanent de pairs.

Pour CommBank, son implication ne se résume pas à un engagement philanthropique et à une opportunité marketing. Les enjeux sous-jacents sont désormais tellement colossaux que la protection de ses clients est une simple mesure de préservation de son activité, surtout quand une partie conséquente des malversations concernent, d'une manière ou d'une autre, les comptes bancaires, induisant de la sorte moult frustrations et rancœurs, ainsi que des efforts et coûts de traitement qui tendent à exploser.

La réalité est également, surtout, que, si beaucoup d'observateurs se lamentent de la vulnérabilité des PME, tellement essentielles au tissu économique de tous les pays, rares sont les solutions opérationnelles mises à leur disposition, personne ne souhaitant s'emparer d'une telle responsabilité. Dans ce contexte, la banque est une excellente candidate pour ce rôle et l'exemple que donne CommBank mériterait d'être suivi…

vendredi 4 août 2023

Croissant garantit le rachat d'occasion

Croissant
Combien d'achats d'impulsion se retrouvent dans des placards, sans jamais avoir été utilisés, ou sont immédiatement regrettés et retournés au commerçant avant de subir un tel sort ? Une jeune pousse américaine a imaginé une solution afin de limiter ces phénomènes, via une garantie de reprise à un prix et pour une durée pré-déterminés.

Proposée en priorité à travers des collaborations avec des plates-formes d'e-commerce (une demie-douzaine sont d'ores et déjà activées), la solution de Croissant invite le consommateur, lors de la finalisation de sa commande, à enregistrer en un clic son souhait de bénéficier de l'offre, pour une valeur clairement spécifiée, en totale transparence, sans engagement et sans frais. Les articles concernés sont alors inscrits sur son compte, qu'il devra bien sûr créer à l'occasion de sa première demande.

Accumulés dans un inventaire virtuel, dont une application mobile autorise la gestion, les produits consignés peuvent être cédés à tout moment, pendant la période contractuelle (jusqu'à un an), au prix fixé initialement. Une fois la décision notifiée, une étiquette de renvoi vers le point de collecte le plus proche est éditée, l'état de l'objet est vérifié à réception et un bon d'achat auprès des partenaires de la startup est crédité au vendeur. Croissant prend entièrement en charge le financement et le marché de seconde main.

Une option indépendante permet aussi aux adeptes d'intégrer leurs emplettes effectuées (récemment) chez des marchands hors réseau : il leur suffit dans ce cas de transmettre le ticket de caisse correspondant. Notons au passage que, à ce stade, sont uniquement acceptés, de manière générique, des produits de valeur significative (à partir de 50 dollars environ) – hors luxe – et faciles à expédier. Les vêtements et autres accessoires de mode aisément revendables figurent évidemment en première position de l'éligibilité.

Croissant – Purchasing Power, Amplified

Pour le grand public, la formule de Croissant constitue un élément de réassurance, en valorisant à relativement long terme un achat en instance. Probablement plus sensible, la promesse aux commerçants est double, entre, d'une part, la réduction des abandons de panier (à force d'hésitations) et des retours (extrêmement coûteux) et, d'autre part, le renforcement de la relation avec leurs clients, à la fois par l'ajout d'un service pratique et par la redirection dans leur boutique des sommes collectées à la revente.

Il n'en est pas question dans la communication officielle de la jeune pousse, vraisemblablement parce que le sujet n'est pas très porteur aux États-Unis, mais son inscription dans une stratégie d'économie circulaire mérite également d'être soulignée, alors que la mode (et pas seulement la « fast fashion ») est fréquemment décriée pour son empreinte environnementale. Avec Croissant, les vêtements inutilisés restaurent un peu de pouvoir d'achat tout en évitant le gaspillage, sans requérir de grands efforts.

jeudi 3 août 2023

Plinqit relance l'épargne automatique avec BMO

Plinqit
Décidément, cet été 2023 semble propice à la résurrection de concepts anciens n'ayant pas trouvé leur public. Après le paiement en ligne via l'adresse de courriel hier, nous découvrirons aujourd'hui une réinterprétation de l'épargne automatique par projet. Avec toujours la même question : quelles sont ses chances de succès, cette fois ?

A priori, l'application de Plinqit reprend des mécanismes bien connus afin d'encourager les consommateurs à mettre de l'argent de côté. Une fois son profil créé, le nouvel inscrit est invité à connecter son compte bancaire principal puis à définir jusqu'à cinq objectifs qu'il souhaite atteindre, matérialisés par une échéance et un montant. Dès lors, les algorithmes se chargent d'effectuer régulièrement les transferts nécessaires vers le compte d'épargne ouvert pour la circonstance, en totale autonomie.

Aucune précision n'est fournie sur les modalités opérationnelles des ponctions réalisées et, à défaut de toute mention d'une analyse approfondie du comportement budgétaire, je suppose qu'elles reposent sur une simple répartition des sommes visées sur la durée prévue, par une succession de petits prélèvements, en prenant soin en permanence (espérons-le) d'éviter un découvert. L'avantage de l'approche est d'être extrêmement simple à appréhender et de limiter de la sorte les risques de mauvaise surprise.

La jeune pousse ajoute tout de même à ces fondations quelques compléments destinés à la fois à rendre sa promesse plus attractive et à maintenir l'engagement de ses utilisateurs sur le long terme. Ainsi, les éventuels versements volontaires donnent lieu à bonifications, tout comme les recommandations auprès de proches. Par ailleurs, des modules éducatifs sont également disponibles et leur consultation est aussi récompensée. Tous ces cadeaux viennent bien sûr enrichir les cagnottes en cours.

Plinqit Home

Une autre option s'avère plus originale : au moment de la mise en place d'un projet, son créateur a la possibilité de s'infliger délibérément une pénalité pécuniaire (collectée par Plinqit, dont le service est par ailleurs entièrement gratuit) pour le cas où il retirerait tout ou partie des fonds accumulés (qui, naturellement, restent toujours accessibles) avant sa finalisation. Cette faculté est présentée comme un dispositif d'auto-dissuasion pour ceux qui seraient tentés de commettre des petites entorses à leur programme d'épargne.

En termes de modèle économique, la startup compte apparemment sur des partenariats avec des acteurs en place afin d'assurer son équilibre et, probablement, contribuer aux différentes primes de motivation. C'est dans ce cadre que BMO (aux États-Unis), qui a initié une collaboration avec elle depuis 2020 à travers son intégration dans son incubateur WMNfintech, démarre maintenant une expérience pilote, sous la forme d'une promotion de la solution auprès de populations fragiles, dans le but de développer sa notoriété, notamment en matière d'accompagnement du bien-être financier.

Sans constituer un échec définitif, le principe pourtant séduisant de l'épargne automatique n'est jamais parvenu à susciter l'engouement des consommateurs qui aurait pu donner naissance à une tendance florissante ou, à tout le moins, en aurait fait une addition bienvenue dans les catalogues des banques. Les petits plus imaginés par Plinqit et sa mise en avant par un établissement important suffiront-ils à changer la donne ?

mercredi 2 août 2023

Skipify veut simplifier les achats en ligne

Skipify
Voilà une idée tellement ancienne que je ne saurais dire quand elle a émergé et que je réalise qu'elle avait disparu des radars sans laisser de traces, alors que le problème du paiement en ligne qu'elle cible est plus que jamais d'actualité, avec le renforcement régulier des mesures de sécurité induisant toujours plus de frictions pour le consommateur.

Comme une véritable renaissance, la solution de Skipify promet d'autoriser la finalisation des commandes sur les sites d'e-commerce en un tournemain. Au lieu de devoir saisir systématiquement les informations de facturation et de livraison, ainsi que les coordonnées de paiement, elle demande seulement à l'acheteur d'indiquer son adresse de courriel et de valider son identité (par un moyen d'authentification forte), elle se charge de transmettre les données nécessaires (préalablement enregistrées).

Naturellement, le principal obstacle à la matérialisation d'une telle vision apparaît immédiatement : elle ne peut en effet advenir que si toutes les parties prenantes adoptent le système. La jeune pousse ne manque pas d'arguments pour tenter de convaincre, le grand public avec le surcroît de fluidité et de confort des transactions, les marchands grâce à la perspective de réduire les abandons de panier… et les institutions financières avec l'opportunité de mettre en avant leur instrument de paiement.

Sur ce dernier volet, American Express, qui avait précédemment investi dans Skipify via sa filiale de capital-risque, semble continuer à croire à son potentiel en devenant son premier partenaire dans sa catégorie. Les porteurs de l'enseigne seront donc invités à partager leurs références, en toute sécurité, afin de bénéficier de cette nouvelle expérience. Ils pourront même associer plusieurs cartes à leur compte, une interface leur permettant alors de sélectionner en un clic celle à retenir pour chaque opération.

Skipify – Connected Checkout

Une autre fonction devrait en outre contribuer à séduire à la fois les émetteurs et les commerçants, dans leurs désirs de consolider leur relation avec leurs clients. Le service de Skipify est également en mesure d'identifier et de suggérer l'application des programmes de récompenses des uns et des autres – coupons de réduction, utilisation de points de fidélité et autres promotions personnalisées. Bien sûr, cette étape s'ajoute au parcours de paiement, au détriment de sa rapidité, mais elle paraît acceptable.

Malheureusement, l'accès à ces avantages requiert des efforts non négligeables de la part des entreprises intéressées. Les acteurs financiers doivent intégrer la plate-forme avec leurs applications, ce qui représente généralement un défi technique et exige une confiance rarement spontanée vis-à-vis d'une startup. Les distributeurs, quant à eux, seront confrontés à la mise en place d'un processus dédié de validation de panier, qu'il leur faudra insérer dans une panoplie existante parfois déjà inextricable.

Le concept développé par Skipify est forcément attractif sur le papier, mais sa mise en œuvre concrète constitue une contrainte susceptible de freiner sa généralisation et, in fine, de le condamner. Je ne serais pas étonné que ce soit ce facteur qui ait conduit à l'abandon des initiatives similaires du passé. La difficulté est d'autant plus sensible que, désormais, les porte-monnaie mobiles leaders – Apple Pay et Google Pay – disposent de capacités proches et ont déjà conquis des millions d'adeptes dans le monde entier.

mardi 1 août 2023

La banque irréconciliable avec l'intérêt du client

Ally Financial
Cette semaine, l'actualité nous offre la première avancée concrète de l'américaine Ally dans sa stratégie vieille de 7 ans visant à offrir à ses clients des expériences et non plus des produits. Malheureusement, la lenteur n'est pas le plus grave problème de la démarche : comme dans d'autres banques, sa nature même semble partir à la dérive.

Fondé initialement autour du seul crédit automobile (par General Motors), l'établissement s'est enrichi de multiples autres branches d'activité au fil des années, généralement par le biais d'acquisitions, sans aucun souci d'intégration en profondeur. Dans ces conditions, il n'est évidemment guère surprenant que la matérialisation de sa prise de conscience soudaine, aux alentours de 2016, de l'impératif de consolider l'ensemble et de présenter un front uni et cohérent à ses clients prenne beaucoup de temps.

Cependant, l'annonce partagée tout récemment fait l'effet d'un pas de fourmi dans une trajectoire extrêmement ambitieuse. Ainsi, à la fin de cette année 2023, les utilisateurs des services en ligne d'Ally devraient bénéficier d'un dispositif de connexion unique (SSO pour son acronyme anglais) au travers de l'ensemble de ses métiers, de la banque du quotidien à l'investissement, en passant par les crédits et l'épargne. Les intéressés apprécieront certainement mais l'évolution ne bouleversera pas leurs habitudes !

Toutefois, le plus embarrassant dans l'affaire réside dans les objectifs visés par l'institution grâce à ce projet. En permettant à ses clients de rassembler la totalité de leurs relations existantes sous une seule ombrelle (et un seul identifiant), elle va pouvoir également fédérer toutes les informations qu'elle possède sur eux. À l'ère de l'intelligence artificielle, on imagine bien le potentiel que représente cette perspective, en particulier dans le respect de la promesse mise en avant d'agir dans l'intérêt du client.

Malheureusement, une telle vision induit automatiquement un terrible phénomène de dissonance cognitive commun à la plupart des banquiers traditionnels : s'il est question d'exploiter les données détenues afin de personnaliser les interactions, il est aussitôt précisé que cette faculté sera extraordinairement puissante pour le développement des ventes croisées. Je ne crois vraiment pas qu'un objectif formulé de la sorte représente une référence recommandable en matière de primauté de l'expérience sur le produit.

L'impression que donne la communication d'Ally, et beaucoup de ses consœurs dans le monde entier lui ressemblent sur ce point, est de ne pas comprendre ce qu'est véritablement l'intérêt de son client. Sa page d'accueil en fournit d'ailleurs un autre exemple frappant, en listant les trois critères qui, selon elle, le satisfont : un taux d'intérêt élevé sur les dépôts, l'assurance fédérale et la disponibilité du centre de service 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Où est l'accompagnement ? Le conseil ? La proactivité ?

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