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C'est pas mon idée !

lundi 14 septembre 2026

Toyota prépare une fausse conduite autonome

Toyota
La course à la conduite 100% autonome est lancée un peu partout dans le monde et les constructeurs automobiles traditionnels essaient d'éviter de se laisser distancer. Toyota annonce ainsi son entrée dans la danse d'ici 2028… mais son refus d'assumer toutes ses responsabilités risque de gêner consommateurs et assureurs.

Sa fébrilité face à la pression explique probablement pourquoi la firme veut démontrer qu'elle sera au rendez-vous de la prochaine grande avancée technologique de son secteur alors qu'elle n'est visiblement pas prête. Pour commencer, il n'est donc question d'un lancement officiel de son dispositif autonome que dans 18 à 24 mois et uniquement sur sa gamme de luxe Lexus, ce qui lui permettra de mieux maîtriser le déploiement que sur des modèles commercialisés par centaines de milliers d'exemplaires.

Beaucoup plus gênant, elle déclare qu'elle veut proposer un système capable de prendre en charge la conduite sans aucune assistance humaine, ce qui, en jargon technique, correspond à une automatisation de niveau 4, mais elle se contentera d'une classification officielle de niveau 2++, qui impose au conducteur de rester vigilant et d'être prêt à reprendre le contrôle à tout moment. Un module de suivi du comportement du véhicule est même prévu pour lui restituer les commandes dès que nécessaire.

Concrètement, ce choix de prudence implique que l'entreprise dégage sa responsabilité en cas d'accident, celle-ci étant reportée sans équivoque sur la personne installée au volant au moment des faits. Évidemment, il ne va pas inspirer une grande confiance chez les clients de la marque, ce qui constituera un handicap majeur dans l'adoption de la conduite autonome et, par rebond, dans la compétition concurrentielle, d'autres acteurs allant jusqu'à couvrir eux-mêmes les éventuels sinistres.

Toyota – Autonomous Driving

La position des assureurs dans ce futur paysage pourrait devenir intéressante à observer. Étant contractuellement engagés derrière le conducteur, ce sont eux qui, in fine, portent le risque. Se satisferont-ils des artifices de Toyota ou bien seront-ils tentés de contester son attitude, notamment quand ses discours admettent implicitement que son logiciel de pilotage est susceptible de commettre des erreurs, qu'il laissera le soin à un humain de rectifier tant bien que mal, potentiellement dans l'urgence ?

La situation a bien sûr le temps d'évoluer avant la concrétisation de la promesse de Toyota (qui pourra également changer d'avis d'ici là) mais la démarche offre une perspective supplémentaire sur les enjeux de l'assurance automobile de demain. Pour une bonne partie des spécialistes (la majorité ?), la responsabilité de la conduite autonome incombe au constructeur (ou à son fournisseur de logiciel). Mais qu'arrivera-t-il s'il refuse de l'assumer ? Ses voitures seront-elles exclues, donc invendables ?

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